L’Orchestre des Doigts – Osamu Yamamoto: an inspiring manga about music & deafness realities

Composé de 4 volumes, “L’orchestre des doigts” est un manga réalisé par Osamu Yamamoto. Ce dernier s’inspire d’une histoire vraie Imagetirée des romans “Shikotsu” (“Les Os des Doigts”) et “Shuwa wa kokoro” (“La Langue est Signes est Notre Cœur”) de Yoriko Kawabuchi (fille du personnage principal, M. Takahashi).

Le récit débute en 1913 au Japon. Kiyoshi Takahashi, jeune homme se destinant à une carrière musicale, voit ses rêves prendre une toute autre mesure dû aux difficultés matérielles qu’il rencontre. Il est alors engagé dans une école d’enfants handicapés (auditivement et visuellement) à Osaka, où sa tâche sera principalement d’être l’enseignant de musique d’enfants sourds (!…). Le personnage réfléchira alors à la définition de la musique, à ce qu’elle véhicule et à la manière de pouvoir transmettre le sentiment musical à ses élèves.

Il se révèle être une personnalité émouvante, à l’image de beaucoup d’autres protagonistes, se battant avec courage pour ses convictions, et ce qu’il considère participer au bien-être des personnes malentendantes, à savoir leur donner la possibilité de leur permettre de s’exprimer à travers la langue des signes (méthode gestuelle) – sans pour autant les stigmatiser et les confiner dans un univers clos entre malentendants – tout en restant ouvert à la méthode oraliste (encourageant à apprendre à parler et lire sur les lèvres) pour les personnes étant “atteintes” d’une surdité peu profonde: ainsi, il encourageait la méthode “mixte” combinant deux approches pédagogiques considérées alors opposées.

Son choix a été de défendre une langue des signes étant destinée à connaître des détracteurs de plus en plus nombreux, en faveur de la méthode oraliste dont le but originel était de “normaliser” les enfants sourds (méthode prônée par Yoshinosuke Nishikawa, un père ayant réussi avec succès à faire parler sa fille malentendante, Hamako, devenant alors le symbole de cette méthode), là où Takahashi veut créer un monde où l’on accepte les enfants tels qu’ils sont, sans les brimer et les forcer à adopter un mode de communication qui ne leur semble pas naturel.

L’histoire aborde des sujets tels que la position des personnes sourdes au sein de la société japonaise, de la discrimination à leur égard, et des différents conflits de méthodes de pédagogie visant à insérer ces personnes au sein de la société auxquelles elles évoluent. Le lecteur assiste également aux conflits socio-politiques traversés dans le pays.

L’œuvre d’Osamu Yamamoto permet au lecteur d’avoir une vision d’ensemble du Japon et de la situation des personnes malentendantes dans ce pays au XXème siècle (mais aussi dans le monde occidental, grâce aux détails historiques annexes), bien que l’histoire se concentre principalement sur la vie de M. Takahashi de 1913 à 1958.

En conclusion, ce manga, qui se révèle profondément humain et émouvant, a le mérite de mettre en lumière des sujets peu abordés et  mène le lecteur à découvrir un monde et des questions historiques et sociales passionnants. A lire absolument! 🙂

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”Wagayubi no Orchestra” is a manga drawn by Osamu Yamamoto in 1991. He was inspired by a true story from novels written by Yoriko Kawabuchi.

Kawabuchi wrote about the life of her dad, Kiyoshi Takahashi. Osamu Yamamoto then decided to start the story in 1913, when Takahashi, a music lover who wanted to be a musician, was hired in a school for disabled children. He was supposed to teach music to deaf kids, therefore, he thought much about the emotions conveyed by music and the way to express those feelings to the pupils. He learnt the Japanese sign language, and did his best to express music and love to the kids.

Yet, the manga is not only about that topic. Indeed, it deals with other wider problematics  in the 20th century such as the social position of the deaf people in the Japanese society, the discrimination towards them, the wars of pedagogy (teaching lip reading and speaking VS teaching sign language) etc.Takahashi defended the sign language which was much criticized (and let’s say ”oppressed”!) and felt that both pedagogies could combine their strength. According to him, it was important to adapt the method depending on the situation and the degree of the hearing loss.

lorchestredesdoigts paroles corps entierBesides, it was important to accept the existence of a language that would seem more ”natural” to deaf people, and giving them the choice to choose the way they wanted to express. Takahashi and his colleagues were admirable characters who were part of the only remaining school defending this idea in Osaka.

”Wagayubi no Orchestra” is a wonderful piece of work which allows the reader to have a glimpse on a world and a period of history that is not often dealt with. It is a manga full of depth, emotions and soul.

A great artwork definitely worth reading. Knowing that it’s inspired from a true story makes it even more beautiful 🙂

 

”La musique retentit entre mes mains et les enfants…oui…la langue des signes est une vraie musique”

”The music resounded between my hands and the children…yes… Sign language is a real music.”

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