Jiseung: l’art de la vannerie coréenne / traditional korean weaving

 

Le jiseung est un art traditionnel de vannerie coréenne utilisant le hanji, papier fait à base d’écorce de mûrier. 

J’ai découvert cet art au Centre Culturel Coréen de Paris, avec Mme Kim Sang-Lan, une très belle artiste  et enseignante coréenne qui y donne des cours de jiseung et de maedup (l’art des noeuds coréens).


Ce qui m’a fasciné dans cet art:

  • on peut TOUT créer (vêtements, meubles, armures, paniers, assiettes, bijoux, sacs, souliers… tout!!). Voici d’ailleurs un lien d’article qui conte l’histoire et les vertus de ce précieux papier: http://www.rfi.fr/hebdo/20150102-fabuleuse-histoire-hanji-papier-traditionnel-coreen-coree-sud-hangul-hangeul-seoul-jeonju-kim-park-kozo-asie/
  • la personnalité d’un vannier (même débutant) transparaît dans son oeuvre. Ainsi, j’ai une tendance à tisser de façon souple, aimant la liberté et rajoutant des couleurs ici et là, tandis qu’une de mes voisines, plus traditionnelle et ordonnée, utilise exclusivement du blanc, tisse de façon serrée, ce qui donne des finitions précises, mais aussi un toucher plus rigide et solide. Je suis personnellement fan des oeuvres et imaginaires de chacun des participants de l’atelier auquel j’ai la chance d’assister.
  • le toucher varie avec chaque papier: quand on s’assoit et tisse le hanji pendant 4 heures, on a tout le loisir de développer une perception croissante du toucher, et donc notre sensibilité. Etant musicienne, j’espérais même devenir une meilleure guitariste avec cette nouvelle sensibilité (oui, j’ai le droit de rêver!)
  • le papier est le maître: en effet, même si notre professeure nous demande de dessiner ce que l’on projette de créer, la phrase que j’ai retenue dès le 1er cours fût “Ecoute le papier”… j’ai intégré et compris assez vite ce que cela signifiait. En effet, des fois, on a beau se projeter dans une direction, le papier nous dirige vers autre chose si on décide de l’écouter. Ainsi, dans cette belle communication “hanjiesque”, j’ai un jour dessiné et employé les techniques d’un carré (pour finir avec un bol d’un rond parfait) et projeté de créer un sac (pour finir avec une chaussure!)… Bien sûr, plusieurs de mes camarades arrivent à créer ce qu’ils projettent, mais j’aime écouter le mouvement du papier et me laisser guider vers les surprises qu’il me réserve, tout en défaisant mon oeuvre quand mon coeur le souhaite. Quelque part, c’est une leçon de vie: ne pas tout contrôler et savoir écouter la nature qui nous guide.
  • le jiseung développe de précieuses qualités: la patience, l’écoute, la proximité avec la nature, la grâce, la beauté de l’art, le partage… une sensibilité à la poésie coréenne par cet art traditionnel et cette matière particulière.
  • Il s’offre à qui persévère: personnellement, j’étais totalement perdue au 1er cours. Fort heureusement, je remercie Jini, ma voisine ange gardienne qui a été un modèle de patience. J’avais le sentiment d’avoir un demi-cerveau groggy, mais finalement, en persévérant et en acceptant mon rythme, j’ai découvert un plaisir nouveau et participé avec Mme Kim et les autres élèves à la 1ère exposition de jiseung de ma vie.
  • une chose à la fois: au lieu de vouloir aller tout de suite 3 pas en avant, on apprend qu’il est important de rester connecté au présent de l’oeuvre.

Je ne peux que vous encourager à découvrir cet art très gratifiant, qui, comme le vin, nous bonifie.

Merci à mon professeure Kim 선생님, pour sa pédagogie, sa passion et sa créativité. Merci à mes camarades de l’atelier, pour la bonne ambiance, les encouragements et l’entraide qui règnent toujours dans notre exploration commune et individuelle. Enfin, Merci aux Anges de m’avoir conduite à découvrir le jiseung.

Longue vie au jiseung et à cette aventure!

***

Jiseung is an ancient traditional art of korean weaving. I was lucky enough to discover this art in the Korean Cultural Centre in Paris, with Professor Kim Sang-Lan, a very talented craftswoman and artist.

This art uses hanji, which is made of the inner bark of papermulberry.

It has many fascinating aspects:

  • We can literally make everything out of it (clothes, armors, items, shoes, bags, jewels, basket, plates… anything!)
  • You can feel the personality of the artist through the work (even when we are a beginner): for instance, the way one weaves the paper (whether it is in a loosen or rigid way) expresses one’s inner features
  • Every paper gives a different feeling and sensation when one touches it
  • Hanji (the paper) is definitely the master. Once one listens to it, it leads you to surprising directions, even if you have designed an item in a certain way. My teacher used to say: “Listen to the paper”… 🙂 My favorite and most meaningful sentence in this course.
  • Jiseung develops many qualities: patience, the art of listening, proximity with Nature, grace, beauty of art, sharing, sensitivity to Korean subtle poetry through this art…
  • Perservere and the gift you’ll receive will be worth it : I literally sucked at it on my first course, but with the help of a kind visitor, I tried again and again… until the connexion with the paper grew. I definitely don’t regret it!
  • One step at a time: no need to rush or want to learn things faster (thanks to my teacher who reminds us to slow down and focus on NOW).

 

When we’re present, we’re fully able to embrace the given present.

 

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